
Il ne faut jamais juger un livre uniquement à sa couverture, précepte que nous avons toutes et tous appris à l’école primaire. Et pourtant, lorsqu’il s’agit d’engager un(e) conseiller(ère) financier(ère), il est incroyablement courant — voire normal — de prendre nos décisions sur la base de considérations tout aussi superficielles. Ses diplômes, l’argent qu’il ou elle gère, la taille de l’entreprise pour laquelle il ou elle travaille, le type de voiture qu’il ou elle conduit, etc.
Mais alors, comment savoir ce que vous devez rechercher chez un(e) conseiller(ère), me direz-vous. Voici donc quelques questions pour vous aider à identifier les qualités indispensables d’un(e) bon(ne) conseiller(ère) financier(ère).
1. Est-ce qu’il ou elle établit un diagnostic avant de prescrire une solution (me vendre un produit) ?
Imaginez une visite chez le médecin qui ne commence pas par une question, mais par une affirmation. « Tous ceux que j’ai vus aujourd’hui ont la grippe. Voici votre ordonnance. » Le médecin quitte la pièce avant que vous n’ayez eu l’occasion de lui expliquer que vous êtes là pour traiter une allergie.
Cela peut sembler un peu fou non ? Eh bien, une ordonnance rapide sans diagnostic décrit trop souvent les expériences que font les investisseur(euse)s lorsqu’ils ou elles rencontrent leurs conseiller(ère)s financier(ère)s.
Nous avons besoin de conseils adaptés à notre situation financière, et non à celle de quelqu’un d’autre. Lors de la première rencontre, tout professionnel de la finance devrait vous poser beaucoup de questions, et non étaler son savoir ou vous proposer des solutions toutes faites.
Pour établir un diagnostic financier solide, il faut vous connaître et identifier vos objectifs. Si votre première rencontre comporte une prescription avant même que vous ne sentiez que votre situation financière spécifique a été comprise, adressez-vous à quelqu’un d’autre.
2. A-t-il ou a-t-elle un conflit d’intérêts ?
Quand il s’agit d’argent, difficile d’éliminer tout conflit d’intérêts. Cela dit, aborder le sujet et observer la réaction de son interlocuteur(rice) peut être révélateur. Certain(e)s abordent volontiers le sujet alors que d’autres sont clairement mal à l’aise et éludent la question. L’essentiel n’est pas tant d’en connaître la réponse, mais de considérer la manière dont votre conseiller(ère) vous répond.
- Comment est-il ou est-elle payé(e) ?
L’idée est d’identifier un potentiel conflit d’intérêts et d’établir le réel coût du service proposé.
Il s’agit en fait d’une question en deux parties :
- Combien dois-je vous payer ?
Ce coût peut être un forfait ou un pourcentage de l’argent que vous détenez sur un compte. Votre objectif est de comprendre combien vous paierez pour ce service.
- Qui d’autre vous paie ?
Cette question peut révéler d’autres sources de revenus qui peuvent représenter un conflit d’intérêts. La rémunération peut comprendre diverses composantes, comme des commissions, des primes ou des voyages, en fonction des produits ou services que l’on vous vend. Plus la réponse à cette question est précise, mieux c’est. Vous pouvez ensuite demander : « Êtes-vous payé(e) (ou gagnez-vous) quelque chose en fonction des produits que vous me recommandez ? »
Je tiens à souligner qu’un « oui » à cette question ne signifie pas que vous ne pouvez ou ne devez pas travailler avec ce(tte) professionnel(le). Là encore, l’objectif est la transparence. Vous voulez obtenir plus d’informations afin de pouvoir mettre les conseils que vous recevez en contexte.
En conclusion
Le monde financier est loin d’être parfait, et ce dont nous avons réellement besoin, c’est de plus d’informations. Nous avons besoin de réponses. Nous devons savoir quels conflits pourraient influencer les conseils que nous recevons. Nous devons connaître le prix que nous paierons pour les services qui nous sont proposés.
Ce n’est qu’alors que nous pourrons commencer à comprendre si le ou la professionnel(le) assis(e) en face de nous est la meilleure personne pour nous aider dans nos investissements.
Pour celles d’entre vous qui voudraient en savoir plus, vous trouverez dans mon livre une liste de questions à poser afin de sélectionner le ou la bon(ne) conseiller(ère), et le mode d’emploi pour décrypter les réponses.