
Professionnellement, les équipes mixtes produisent de meilleurs résultats. Alors pourquoi les femmes restent-elles encore trop sous-représentées en matière d’investissement ?
L’égalité entre les hommes et les femmes en matière d’éducation, de prise de décision économique et de pouvoir politique, ainsi que l’indépendance économique des femmes et l’égalité de leurs revenus potentiels sont des éléments clés pour l’avenir de l’Europe et figurent en bonne place dans l’agenda de l’UE. L’engagement stratégique de la Commission européenne en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes a fixé le cadre de l’action de l’UE afin de promouvoir cette égalité, qui est l’une des valeurs fondamentales de l’Union. La bonne nouvelle est que des progrès sont en cours, la mauvaise est que cela prendra du temps.
En 2018, plus de 90 % des capitaux levés par des entreprises technologiques soutenues par du capital européen sont allés à des équipes qui ne comptaient pas une seule femme fondatrice.
Les femmes représentent actuellement plus de la moitié de la population de l’UE et créent environ un tiers des entreprises. Cependant, elles ont plus de difficultés que les hommes à trouver des financements pour leurs projets. Les entreprises dirigées par des femmes sont souvent sous-capitalisées et ont moins recours aux financements externes, s’appuyant davantage sur l’épargne personnelle et les fonds du conjoint (OCDE, 2018). Elles attirent moins d’investissements en fonds propres en phase de démarrage. C’est pourquoi, traditionnellement, les femmes figurent parmi les bénéficiaires de l’investissement social.
Mais pourquoi les femmes n’arrivent-elles pas à attirer ces capitaux ?
- Elles ne demandent pas. Elles n’osent pas lever les capitaux et ont tendance à rechercher le financement auprès de leur entourage propre.
- Elles sont freinées par les biais comportementaux. En effet, les investisseurs posent des questions différentes aux fondatrices et aux fondateurs, les évaluent selon des critères différents et préfèrent en général les présentations faites par des entrepreneurs masculins, même si le contenu est exactement le même.
Pourtant, la richesse mondiale détenue par les femmes est en hausse ! Un rapport de 2018 du Crédit Suisse estime que les femmes détiennent environ 40 % de la richesse mondiale. Malgré cela, les femmes n’investissent pas activement. Le constat est d’autant plus amer qu’elles sont plus susceptibles d’investir dans des domaines durables et sociaux, y compris dans une optique de genre. Quand, et si, elles investissent, elles le font afin d’avoir un impact positif clair et mesurable sur la société, et pas seulement pour générer des bénéfices !
Investir dans et avec les femmes est donc une opportunité que l’Europe doit saisir pour une croissance plus durable et inclusive. InvestEU, le programme d’investissement de l’UE à partir de 2021, pourrait agir comme un catalyseur de ces avantages en stimulant le financement « gender-smart » qui finance, responsabilise et inspire les femmes fondatrices et les investisseurs.
Une étude de Merrill Lynch révèle que 41 % des femmes disent regretter ne pas avoir fait l’effort d’investir davantage (Merrill Lynch Bank of America Corporation, 2019).
Alors, que faire ? Comment aider les femmes à investir et à lever des fonds ?
Nous pouvons agir via :
- la prise de conscience collective, en sensibilisant le plus grand nombre et surtout en mettant en lumière le déficit de financement des projets entrepreneuriaux féminins pour établir un équilibre ;
- le mentorat et la mise en réseau
- le financement, en augmentant le montant des financements accordés aux entreprises dirigées par des femmes ;
- l’éducation et la formation. Une première étape ? Lisez Ce que valent les femmes et partagez-le avec votre entourage.